CR- Débat: préjugés-vus-vécus-entendus?

 

Compte-rendu-
Débat du samedi 05/12/2015 – Paris :
« Préjugés, vus, vécus, entendus ? »

 

Ce débat animé par Lisiane Cohendet-Roux sur le thème des «préjugés, vus, vécus, entendus. » a réuni une douzaine de participants. Dans un premier temps, Céline Giraud Présidente de la Voix Des Adoptés et Lisiane ont présenté l’association, puis un tour de table a été fait pour se présenter. Nous avons donc pu constater que nous avons réunis des aadopté(e)s de France (nés sous X) mais également de l’international (Colombie, Guatemala, Pérou…). Nous avons par la suite débuté le débat en parlant des préjugés vécus et entendus durant notre enfance.

1/ Enfance :

- La phrase et le préjugé revenant le plus souvent durant cette période est : « Et ta vraie mère alors ? Elle est où ?». Cette phrase nous renvoi bien souvent au lien de filiation avec notre mère adoptive ainsi qu’au lien d’attachement avec l’ensemble de notre famille adoptive.

- Le sujet du racisme est lui aussi revenu durant ce groupe de parole, notamment pour les adoptés vivants ou ayant vécus dans de petites villes ou en campagne ou bien souvent ils étaient les seuls personnes de couleurs ET / OU adoptés dans leurs écoles. Les préjugés remontés durant ce groupe de parole sur le racisme dépendaient évidemment du continent et Pays de naissance.

- Un cliché régulièrement revenu et entendu par une grande majorité du groupe est : «  elle a un problème, il ne va pas bien, c’est parce qu’il ou elle est adopté(e) ». Ou «  son problème c’est l’adoption. »

- Nous avons également évoqué le fait que nos parents (adoptifs) eux aussi étaient victimes de préjugés, (considérés comme de «faux» parents  par l’extérieur, ou  parents héroïques, acte humanitaire par d’autres.)

 

2/ Adolescence – âge adulte :

-Certains adoptés ont évoqués les clichés ou phrases entendus par leurs professeurs, notamment professeurs de langues. «  Tu es d’origine Péruvienne, tu dois alors être bilingue », «  Tu sais forcément parler Espagnol …) Alors que NON, certains adoptés ont même eu un blocage pour apprendre la langue de leurs pays d’origine.

- Le racisme est revenu lorsqu’un adopté de Colombie a dit se sentir victime de doubles préjugés : – L’lorsqu’il est en France on lui renvoi une mauvaise image de la Colombie, lorsqu’il est en Colombie il doit faire face à la vision des Colombiens sur la France.

- On a soulevé le fait que les adoptés étaient souvent regardés et vus comme des enfants et étaient même souvent infantilisés. (Image que renvoi les médias ?)

- A l’adolescence un adopté sera forcément instable, sa crise d’adolescence sera forcément plus compliquée que celles des autres telles sont les phrases et clichés entendus par nos proches et nos familles.

-Ce débat de deux heures, a terminé sur le constat, que nos propres enfants également pouvaient être victimes des même préjugés que nous (suivant sa couleur de peau, ce n’est pas ta vrai grand-mère, ton vrai grand-père, ….) et qu’il faut les préparer à ce genre de questions et remarques.

Conclusion :

Les adoptés ne sont pas les seuls à être victimes de préjugés, nous en auront et en  entendront tout au long de notre vie. Malgré le fait que la totalité des adoptés à ce groupe de parole ont et sont encore parfois blessés par ces phrases et préjugés, pour la plupart d’ entre nous, ils nous ont aussi permis d’être plus ouverts et tolérants. Ils arrivent donc à en faire une force.

 

Débat animé par : Lisiane Cohendet-Roux
Compte-rendu : Hélène Côme

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