Bilan du groupe de Parole du 13 octobre à Rouen

logo_temoignage_adoptee_w100C’était notre rentrée et elle fut placée sous le signe du dynamisme. Tout d’abord par le nombre de participants: l’antenne Haute-Normandie voit régulièrement arriver de nouvelles personnes, riches de leurs questionnements et de leurs expériences. Mais dynamique aussi par la richesse des échanges sur le thème, cette fois-ci, de la filiation par Adoption:

« être parent par adoption, être enfant par adoption: quelle est cette filiation, et comment émerge t’elle ?« 

Afin d’animer ce groupe, nous recevions Marie Toulemonde, psychologue au Pôle Adoption au sein du Conseil Général de l’Eure. Nous la remercions de s’être rendue disponible et ouverte à nos groupes de parole.

Si pour certains parents la filiation, ou le sentiment d’être le parent de l’enfant qu’on va leur confier, se fait très tôt (dès la présentation de l’enfant en photo), pour d’autres, par méfiance, ou peur d’une désillusion lors d’un parcours difficile, la filiation peut prendre plus de temps.

Et si c’était l’enfant qui faisait de ces adultes des parents? C’est ce qu’a pu soulever le père d’une petite fille de 16 mois. L’enfant apprivoise ses parents avant de les adopter. C’est au fil des rencontres, des expériences positives que l’attachement se fait et que les sentiments d’amour s’installent.

Et quelle place a l’adoption dans le quotidien? Les différents parents présents ont pu exprimer qu’ils étaient parents d’un enfant, certes par l’adoption, mais avant tout parent. Mais ils restent conscients que leur enfant est un enfant adopté.  Cette adoption soulève des questions de la part des enfants qui rappellent aux parents cette particularité de la filiation.

Au travers de chacune des expériences partagées, nous avons pu constater que les conditions d’abandon et la vie de l’enfant avant l’adoption a son importance dans la construction du lien parent-enfant. Mais au delà, ce passé à une influence sur le sentiment de sécurité de l’enfant dans sa vie au quotidien.

Du côté des adoptés, ce qui a été mis en lumière c’est l’importance du sentiment de légitimité de cette filiation qui ne sera jamais remise en question.

Et si, dans le parcours de l’adopté la famille biologique est un sujet récurent, même s’il n’est pas toujours verbalisé,  la recherche des origines ne remet pas en question la filiation. Se sent-on un enfant adopté toute sa vie? Oui, même si on n’y pense pas de manière quotidienne. Certaines situations, certains évènements, questionnements, nous rappellent sans cesse l’adoption. En outre, un équilibre peut être trouvé afin de donner une place à son passé, à ses origines, à ses parents, et à sa vie d’adulte.

Mais quelle place l’adopté fait à sa famille biologique, ou mère biologique dans sa vie? L’ensemble des parents présents s’interrogent sur cette place à donner? Mais est-ce aux parents de donner une place à cette mère biologique? Ne doivent-ils simplement pas permettre à l’enfant de lui trouver « une juste place »?

Merci à tous de votre participation, au plaisir de vous retrouver le 15 décembre pour un autre groupe de parole.

Remerciements à Marie Toulemonde

Sandra RACINE,

Vice-Présidente Antenne Haute-Normandie

 

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